Du 10 février au 15 avril 2022, le photographe agenais Arnaud Vareille revient sur ses terres d’origines pour une exposition triptyque en forme d’ode à la nature. Compilant plus de quinze ans de travail photographique sur la thématique de l’environnement, l’exposition, accueillie au centre culturel André-Malraux d’Agen, invite le visiteur à une déambulation poétique à travers les trois ouvrages du photographe : “Joue contre terre”, “Obsolescence programmée ?” et la “Nature des choses”, dont le titre donne son nom à l’exposition.

Trois livres, trois démarches et trois univers distincts pour un seul et même questionnement : celui de la relation de l’être humain à la nature, sur laquelle Arnaud Vareille nous invite à poser un regard différent, pour mieux en redécouvrir la beauté.

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Aux origines de “la nature des choses”

Tout, ou presque, a commencé lors du passage de l’argentique au numérique. Alors qu’Arnaud Vareille se lance dans un fastidieux travail d’archivage, affectant des mots clés à chacune de ses photos, il s’aperçoit avec étonnement que les index “sols” et “terre” reviennent systématiquement, formant un corpus d’images aussi riche que varié. Le photographe a pris l’habitude, en effet, lors de ses reportages en pleine nature, de réaliser ses photos “échantillons” à partir du sol, qu’il prend d’ailleurs grand soin de fouler avec une infinie précaution, pour ne pas contrarier la faune et la flore.

De cette “manie” de photographe professionnel, naît “Joue contre terre”, premier opus d’une série d’ouvrages consacrés à la nature, à partir de 2010. Suivent ensuite “Obsolescence programmée ?”, en 2015, puis “La nature des choses” en 2020.

Trois univers pour un questionnement unique

Touché par la densité et l’originalité de ce travail photographique, Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen, a souhaité donner carte blanche au photographe, du 10 février au 15 avril prochains. Durant deux mois, Arnaud Vareille investira les 400 m2 du centre culturel André-Malraux pour une exposition grand format, déclinant les univers de chacun des trois ouvrages. Au total, plus de 60 images, simples et fortes, ponctuées de textes de philosophes, journalistes, citoyens ordinaires, invitant le visiteur à réfléchir à son rapport à la nature.

A travers trois espaces et trois univers, l’exposition propose une pérégrination bucolique où l’étonnement succède à l’émerveillement.

“La nature des choses” : quand le noir et blanc sublime la biodiversité

Chouette Harfang (Bubo scandiacus) France - Alsace - Kintzheim - Volerie des Aigles
Chouette Harfang (Bubo scandiacus) France – Alsace – Kintzheim – Volerie des Aigles

Le premier espace de l’exposition est dédié au dernier livre d’Arnaud Vareille, “La nature des choses”. Jouant avec les contrastes en noir et blanc, le photographe y souligne l’imbrication des éléments naturels, qu’ils proviennent du monde minéral, végétal ou animal. Harfang des neiges, marbre noir de Wallonie, hortensia blanc de Bretagne … :  les cadrages, la variation de l’échelle amènent le visiteur à s’interroger et se perdre dans la matière naturelle, par un jeu de confrontation graphique.

“Obsolescence programmée ?” : errance et questionnements poétiques

France - Haute-Savoie - Mont-Blanc
France – Haute-Savoie – Mont-Blanc

Dans ce deuxième espace, le spectateur est plongé dans une ambiance intimiste, invité à laisser aller son imagination. Les images se concentrent sur les impressions, jouant avec les flous, évitant soigneusement les détails. C’est en observant, années après années, la fonte des glaciers, qu’Arnaud Vareille a initié cette série qui traduit son inquiétude face à l’avenir et aborde de manière poétique la question de l’anxiété climatique.

“Joue contre terre” : un travail sur la relation de l’homme à la terre

Pied de nez à Yann Arthus-Bertrand, “Joue contre terre” propose de prendre le temps d’observer ce qui se trouve juste sous nos pieds, à même le sol ! Les clichés sont ponctués de 18 textes, écrits par des personnalités telles que le philosophe André Comte-Sponville, le journaliste Alex Taylor ou encore le créateur de parfum Marc-Antoine Corticchiato. Des citoyens anonymes apportent également leur éclairage, comme cet agriculteur du Sud-Ouest, témoignant de son rapport à la terre.

Islande - Région Est - Jökulsárlón
Islande – Région Est – Jökulsárlón

Une approche artistique et militante

D’une série photographique à l’autre, les angles, les échelles ou les choix de cadrages changent. Mais le propos, lui, reste le même : “Je pars de l’anecdotique pour le porter aux yeux de celui qui veut bien regarder. Mes images ne sont pas trafiquées. Ma démarche vise simplement à rendre compte au plus près du merveilleux qui nous est offert par la nature, à condition de la préserver.”, explique Arnaud Vareille.

Une démarche saluée par Bruno DAVID, Président du Muséum d’Histoire naturelle, dans sa préface de “la Nature des choses” : “En recentrant notre regard vers la nature loin de l’empreinte humaine, Arnaud Vareille nous livre une réflexion en beauté sur l’indispensable défense de notre patrimoine, qu’il soit animal, végétal ou minéral.”

Biographie : Arnaud Vareille, photographe de la nature, des animaux et des hommes

Né en 1964 à Agen, Arnaud Vareille décide de devenir photographe lors de sa rencontre avec Anders Petersen à Arles en 1982. Assistant de Mike Yavel et Sarah Moon, il apprend son métier sur le terrain et devient photographe de presse puis photographe animalier.

Après une formation de réalisateur à l’INA, il crée un studio de télévision en Arabie Saoudite en lien avec le Centre de Protection de la Nature et y réalise quelques 24 documentaires animaliers entre 1986 et 1990.

En 2000, il fonde la société Ridgway Organisation, spécialisée dans la production d’événements à grande échelle, complété par le Studio Ridgway en 2012, qui lui permettra de réaliser plus de 350 portraits de cadres dirigeants ou personnalités comme Michel Cymes ou Alex Taylor.

Depuis 2010, ses travaux personnels prennent tout leur sens dans des ouvrages publiés chez Trans Photographic Press :

– “Joue contre terre”, en 2010
– “Obsolescence programmée ?”, en 2015
– “Rêves dansés”, en 2015
– “La nature des choses”, en 2020

Expositions récentes : Joue contre terre (septembre 2019-septembre 2024 – Centre Commercial Westfield Vélizy 2), La nature des choses (octobre 2020-janvier 2021 – Festival Chroniques Nomades – Auxerre), Portrait de la jeunesse vélizienne (février-mai 2021 – Ville de Vélizy / 2022 : Théâtre de l’Onde).

fp

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